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#ACTUALITÉ · Le direct · Nippes

Jean Ernest Muscadin, le procureur que l’ONU accuse et que Miragoâne acclame, se présente

Dans les Nippes, on l’appelle « Komisè pèp la », le commissaire du peuple. Ailleurs, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti lui attribue des dizaines d’exécutions sommaires. Jean Ernest Muscadin, commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Miragoâne depuis sa nomination par Jovenel Moïse en 2019, s’est inscrit à la présidentielle sous la bannière de Fòs Chanjman Nasyonal, structure numéro 83 du registre officiel. Il est l’un des seize candidats recensés sur le tableau de bord du Conseil électoral provisoire.

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Par NAGO News

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PhotoThe Haitian Times

Les chiffres viennent des Nations unies elles-mêmes. Dans un rapport publié en novembre 2025, le BINUH lui attribue au moins 28 exécutions sommaires sur deux trimestres : vingt-sept personnes « exécutées en toute impunité » sur un trimestre, puis un homme armé abattu par lui le 23 juillet 2025. Un rapport ultérieur, portant sur le deuxième trimestre 2026, recense au moins 76 exécutions sommaires documentées entre 2022 et 2025 et précise qu’aucune procédure judiciaire n’a été ouverte contre lui.

À ce jour, Jean Ernest Muscadin n’a été ni inculpé, ni poursuivi, ni jugé pour ces faits.

Sur un plateau de télévision, il a raconté que Jovenel Moïse lui avait dit des bandits qu’ils devaient mourir ou quitter la zone. Il a également déclaré que 95 % de ses moyens de sécurité provenaient de la diaspora et d’entreprises locales.

Le peuple de Miragoâne a effectivement parlé. Le 17 novembre 2025, des milliers de personnes ont défilé dans la ville pour le soutenir et rejeter le rapport onusien ; écoles et commerces sont restés fermés. Sa popularité tient à un argument simple, que ses partisans répètent : les gangs qui ont pris le contrôle d’une grande partie du pays ne se sont pas installés dans les Nippes. Elle se nourrit aussi de l’effondrement du système judiciaire haïtien, où plus de 80 % des détenus attendent leur procès et où les prisons fonctionnent à plus de 300 % de leur capacité.

C’est cette popularité qui l’a porté vers la candidature, et elle est aujourd’hui discutée sur le terrain du droit : le constitutionnaliste Sonet Saint-Louis a publiquement interrogé son éligibilité, rappelant que des exécutions sommaires violent les droits fondamentaux.

Jean Ernest Muscadin ne figure pas sur la liste des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies relative à Haïti, vérification faite le 17 octobre 2026 sur le registre du comité créé par la résolution 2653 — liste distincte des travaux du BINUH, qui documente sans sanctionner.

Reste ce que nous n’avons pas pu établir : ni le candidat ni son parti n’ont publié de programme pour cette élection, et nous n’avons trouvé aucune réponse détaillée de sa part aux conclusions du BINUH, au-delà des déclarations rapportées ci-dessus.

Article corrigé le 17 octobre 2026.

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