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L'histoire se répète : la République dominicaine ferme ses stades aux Grenadiers
Au lendemain de la victoire 4-1 des Grenadiers à Saint-Domingue, le ministre dominicain des Sports, Kelvin Cruz, a interdit à la sélection haïtienne de jouer dans les installations sportives du pays, et le président Luis Abinader l'a aussitôt soutenu. Trois ans après avoir quitté les stades dominicains sur ordre de Port-au-Prince, Haïti se retrouve de nouveau à la porte. Cette fois, c'est Saint-Domingue qui la ferme.
Par NAGO News
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Une soirée de football, puis une sanction
Jeudi 1er octobre, en Ligue des nations de la Concacaf, Haïti a battu la République dominicaine 4-1 au stade olympique Félix-Sánchez, devant un public majoritairement haïtien selon N Digital. Louicius Deedson a ouvert le score, Wilson Isidor a signé un doublé et Yassin Fortuné a conclu de la tête. Dorny Romero a marqué le but dominicain. Avec 9 points en trois matchs, les Grenadiers sont deuxièmes du groupe A, à égalité avec Curaçao, qui les devance à la différence de buts.
Le problème est venu avant le coup d'envoi. Les billets étaient épuisés et une foule importante s'est massée autour du stade. La presse dominicaine décrit des bousculades aux accès, une porte d'entrée enfoncée et des agents de sécurité qui interviennent pour reprendre le contrôle.
« Nous ne tolérons pas l'indiscipline »
Vendredi, en marge de l'ouverture des Jeux universitaires, Kelvin Cruz a annoncé la mesure. « Le ministère des Sports interdit totalement que la sélection haïtienne de football joue dans les installations sportives dominicaines », a-t-il déclaré, selon El Día. « Nous ne tolérons pas l'indiscipline, nous ne tolérons pas le manque de respect », a-t-il ajouté.
Le ministre a surtout insisté sur le stade. Le Félix-Sánchez a été rénové pour les Jeux centraméricains et caribéens Santo Domingo 2026, et la première phase des travaux a coûté 950 millions de pesos. « Un stade majestueux qui a coûté un investissement multimillionnaire à l'État dominicain n'est pas fait pour que des étrangers viennent nous le casser, sans respecter nos règles et nos normes », a-t-il lancé.
Le président Luis Abinader a validé la décision publiquement : « La position du ministre des Sports est la position du gouvernement », a-t-il déclaré, cité par Listín Diario.
La durée de l'interdiction n'a pas été précisée. Au moment de la publication, ni la Fédération haïtienne de football ni la Concacaf n'avaient réagi officiellement. La mesure n'est pas anodine pour le calendrier : en Ligue des nations comme en éliminatoires de Coupe du monde, Haïti et la République dominicaine peuvent être appelées, selon la phase, à s'affronter en matchs aller et retour, comme le rappelle Diario Libre.
La soirée a aussi laissé une autre polémique : des propos de Wilson Isidor après la rencontre, filmés et diffusés sur les réseaux sociaux, sur Haïti et l'île d'Hispaniola. La Fédération dominicaine de football a annoncé qu'elle envisageait de porter l'affaire devant les instances internationales du football.
2023 : même pays, même président, même rupture
Le scénario a un air de déjà-vu. En août 2023, privée du droit d'accueillir des matchs officiels sur son propre sol, Haïti avait choisi le stade Félix-Sánchez comme terrain de repli pour la Ligue des nations, un choix confirmé par la Concacaf le 10 août, rapportait Le National. Le match contre Cuba s'est finalement joué le 8 septembre 2023 au stade panaméricain de San Cristóbal (0-0).
Quelques semaines plus tard, le différend sur le canal de la rivière Massacre faisait tout basculer. Le 15 septembre 2023, Luis Abinader, déjà président, fermait les frontières terrestres, maritimes et aériennes avec Haïti. En réaction, le ministère haïtien de la Jeunesse, des Sports et de l'Action civique ordonnait à la FHF de ne plus faire jouer les sélections nationales en République dominicaine. Un membre du Comité de normalisation de la FHF, cité par Le Nouvelliste, indiquait alors que la Concacaf acceptait, malgré la violation des règlements, qu'Haïti change de camp de base pour ses matchs d'octobre et de novembre.
En 2025, c'est à Curaçao que les Grenadiers ont disputé leurs matchs « à domicile » de la phase finale des éliminatoires du Mondial 2026, contre le Honduras, le Costa Rica et le Nicaragua, à l'Ergilio Hato Stadion de Willemstad. C'est là qu'ils ont décroché leur qualification, le 18 novembre, face au Nicaragua (2-0).
L'histoire se répète, à l'envers
En 2023, c'est Haïti qui avait tourné le dos aux stades dominicains, en pleine crise diplomatique. En 2026, c'est la République dominicaine qui ferme la porte, après des incidents de foule, avec le même président à la tête du pays. Les raisons diffèrent, mais le résultat est le même : une sélection qualifiée pour sa première Coupe du monde depuis 52 ans ne peut toujours pas jouer chez elle et voit se refermer, encore une fois, l'option la plus proche.
Le football reste l'un des rares terrains où les deux peuples de l'île se retrouvent par milliers, côte à côte. Jeudi soir, le Félix-Sánchez affichait complet. Reste à savoir où les Grenadiers recevront désormais leurs adversaires. NAGO suivra les réponses de la FHF et de la Concacaf.
Les déclarations de Kelvin Cruz et de Luis Abinader sont traduites de l'espagnol par la rédaction.

Reporting by Diario Libre

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