#ACTUALITÉ · Le direct · Ouest
Claude Joseph, Premier ministre le jour de l’assassinat de Jovenel Moïse, brigue la présidence
Cinq ans plus tard, Claude Joseph demande aux Haïtiens de lui confier la présidence : il s’est inscrit sous la bannière des Engagés pour le Développement, structure numéro 27 du registre officiel, et figure parmi les seize candidats recensés sur le tableau de bord du Conseil électoral provisoire — des données que le CEP qualifie lui-même de strictement préliminaires.
GAdd NAGO.TV to your Google sources
Par NAGO News
3 min de lecture

Il occupe encore ce poste la nuit de l’assassinat.
Treize jours
Ce qui suit se joue en moins de deux semaines. Au lendemain de la mort du président, Claude Joseph annonce qu’il contrôle le pays et attribue l’attaque à « un groupe d’individus non identifiés, dont certains parlaient espagnol et anglais ». Le 8 juillet, l’envoyée spéciale des Nations unies Helen La Lime déclare qu’il dirigera le pays jusqu’à une élection, et Washington le reconnaît comme Premier ministre par intérim. Le 9 juillet, huit sénateurs sur dix désignent de leur côté le président du Sénat, Joseph Lambert, comme président provisoire. Ariel Henry, que Jovenel Moïse avait choisi sans jamais l’installer, conteste lui aussi son autorité, et le groupe de diplomates connu sous le nom de Core Group appelle à ce que Henry prenne la tête du gouvernement.
Le 19 juillet, Claude Joseph annonce au Washington Post qu’il se retire. Il assure respecter la dernière volonté du président assassiné et dément, auprès du New York Times, avoir cédé à une pression internationale. Ariel Henry prête serment le lendemain.
L’inculpation, puis son annulation
Le 3 septembre 2022, il lance son propre parti, EDE. Quatre jours plus tard, la République dominicaine le déclare persona non grata et lui interdit l’entrée sur son territoire.
Claude Joseph et Martine Moïse sont visés pour complicité et association de malfaiteurs ; l’ordonnance avance qu’ils auraient comploté pour remplacer le président par son Premier ministre. Léon Charles est poursuivi pour meurtre et tentative de meurtre.
Claude Joseph a rejeté ces accusations. Il a affirmé qu’Ariel Henry avait orchestré la procédure pour des raisons politiques, le désignant comme « le principal bénéficiaire » de l’assassinat. Le 13 octobre 2025, l’inculpation a été annulée en appel et une nouvelle enquête ordonnée. À ce jour, aucune condamnation n’a été prononcée contre lui dans ce dossier.
Il ne figure pas sur la liste des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies relative à Haïti, vérification faite le 17 octobre 2026 sur le registre du comité créé par la résolution 2653.
Reste ce que nous n’avons pas pu établir : ni Claude Joseph ni EDE n’ont publié de programme pour cette élection, et nous n’avons pas pu déterminer où en est l’enquête rouverte il y a un an. Le CEP, lui, ne publie sur chaque candidat que le nom, le sexe, le poste, la structure et la localité.
Article corrigé le 17 octobre 2026.
Reporting by CEP — tableau de bord des candidatures
CEP — liste des structures politiques agréées
Comité des sanctions des Nations unies sur Haïti (2653)

Comments 0