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Bukele écarte les pronostics d'échec en Haïti et se dit certain de vaincre

Par NAGO News
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Haïti sera-t-elle le Waterloo de Nayib Bukele ? La question, posée sur X par un commentateur dominicain, a obtenu vendredi 23 octobre une réponse sans nuance du président salvadorien. « Dieu nous accordera la victoire », a-t-il écrit, en balayant les avertissements de ceux qui jugent son opération contre les gangs haïtiens vouée à l'échec.
Le message visait d'abord Humberto Salazar, médecin et analyste politique dominicain. Sous le titre « ¿Bukele y su Waterloo? », celui-ci soutenait que les militaires salvadoriens risquaient une guerre urbaine sur un terrain inconnu, face à des groupes qui ont tenu tête à plusieurs missions internationales, rapporte le quotidien dominicain El Día. Selon le site CiberCuba, il jugeait même « minimes » les chances de retrouver vivants les quatre militaires disparus, et rapprochait la situation de l'expédition militaire envoyée par Napoléon à Saint-Domingue en 1802, un échec resté dans l'histoire.
Bukele a énuméré ces objections pour mieux les écarter : des gangs plus sanguinaires et mieux armés que ceux du Salvador, des missions qui ont toutes échoué, un piège dans lequel son pays serait en train de tomber. Le jour de la victoire, a-t-il prédit, les mêmes voix expliqueront que tout était facile. « Nous ne les avons jamais écoutés et nous n'allons pas commencer maintenant », a-t-il ajouté, selon la traduction de l'AFP.
Le président a donné à son message une tonalité religieuse. Tous les soldats engagés sont croyants et la mission a été confiée à Dieu, a-t-il affirmé, tandis que les gangs haïtiens seraient « sataniques » et pratiqueraient des sacrifices humains. Il a conclu par un verset du Deutéronome (28:7), qui promet la déroute des ennemis. Ces accusations visant les gangs ne s'appuient sur aucun élément présenté par le président.
Tout est parti de l'embuscade du dimanche 18 octobre. Quatre techniciens de l'aviation salvadorienne, membres de la Force de répression des gangs (GSF) autorisée par l'ONU, rentraient d'un supermarché quand leur véhicule blindé a été mitraillé puis incendié à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets. Les forces armées salvadoriennes affirment qu'ils en sont sortis, mais le contact a été perdu. Le 21 octobre, Bukele a annoncé une opération militaire et exigé leur retour « vivants et sans blessure ».
Des centaines de soldats des forces spéciales salvadoriennes ont depuis atterri à Port-au-Prince. Ce changement d'échelle est notable : jusque-là, le contingent du Salvador en Haïti se consacrait au soutien aérien et aux évacuations médicales.
Le ton de Bukele s'appuie sur son bilan intérieur. Sa politique contre les maras a conduit à l'arrestation d'environ 92 000 personnes, en majorité de jeunes hommes, souvent détenus sans inculpation, rappelle l'AFP. CiberCuba fait état d'une chute des homicides de 6 656 en 2015 à 82 en 2025.
En Haïti, la réponse des chefs de gang n'a pas tardé. Wilson Joseph, dit « Lanmò San Jou », chef de 400 Mawozo, a diffusé une vidéo où il exhibe armes et munitions. Christ-Roi Chéry, dit « Krisla », qui contrôle Carrefour, a déclaré que personne n'avait demandé à Bukele de venir et qu'Haïti appartient à Dessalines, selon l'Associated Press et le Miami Herald.
Pour les habitants de la plaine du Cul-de-Sac, ce face-à-face verbal se traduit par des opérations armées près de chez eux. À Clercine et à Marin, des familles ont commencé à partir dès les premiers échanges de tirs, rapporte The Haitian Times. Le sort des quatre militaires, lui, restait inconnu à la date de lundi.
Article corrigé le 27 octobre 2026.
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Reporting by N Digital
AFP via Yahoo, « El Salvador sends troops to Haiti to find 4 missing soldiers » (23 octobre 2026)
AP via Telemundo, « Bukele despliega militares en Haití » (octobre 2026)
Par NAGO News

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