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Joseph Mécène Jean-Louis, ancien doyen de la Cour de cassation, est décédé à 77 ans

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PhotoRezo Nòdwès
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Par NAGO News

3 min de lecture

Le juge Joseph Mécène Jean-Louis, que l'opposition avait voulu installer à la tête de l'État en février 2021, s'est éteint le mardi 6 octobre dans un hôpital des Gonaïves, à 77 ans. Le Nouvelliste fait état d'une détresse respiratoire. Son ancien chef de cabinet, Pierre-Robert Auguste, a confirmé à Rezo Nòdwès que le magistrat est parti entouré des siens.

Sa santé déclinait depuis plusieurs années. Un accident vasculaire cérébral (AVC), survenu en 2021, l'avait affaibli. Selon un proche cité par le même média, il vivait sous surveillance médicale constante et avait réduit ses déplacements comme son activité.

Originaire de Marchand-Dessalines, dans l'Artibonite, où il était né le 6 mars 1949, Joseph Mécène Jean-Louis a fait toute sa formation juridique aux Gonaïves, à l'École de droit et des sciences économiques de la ville. Il y est revenu plus tard pour enseigner, puis pour diriger l'établissement, rapporte Vant Bèf Info. Formé aussi comme professeur de lettres et d'histoire, selon Le Nouvelliste, il a longtemps mené de front l'enseignement et la magistrature.

Son parcours judiciaire a suivi les étapes classiques du métier en Haïti. Avocat, il est passé au parquet comme substitut du commissaire du gouvernement avant de siéger comme juge, du tribunal de première instance jusqu'à la cour d'appel. En novembre 2011, il a été nommé à la Cour de cassation, la plus haute juridiction du pays. Dix ans plus tard, il était le doyen de ses membres.

C'est ce rang qui l'a placé au cœur de la crise de février 2021. L'opposition soutenait alors que le mandat du président Jovenel Moïse prenait fin le 7 février ; le chef de l'État soutenait qu'il courait jusqu'en février 2022, une lecture que Washington semblait partager, selon Reuters. Des responsables de l'opposition, parmi lesquels Michel André, Marie-Denise Claude, Edmonde Supplice Beauzile et Youri Latortue, selon Rezo Nòdwès, ont alors choisi le juge pour conduire une transition.

Le juge a accepté dans un court message vidéo diffusé le lundi 8 février, se disant prêt à « servir [son] pays comme président provisoire », d'après les propos rapportés par Reuters et CNN. Le gouvernement y a vu une usurpation de titre. La veille, Yvickel Dieujuste Dabrésil, autre juge de la Cour de cassation, figurait parmi 23 personnes arrêtées pour un présumé complot contre la sûreté de l'État, selon Le National et Reuters. Le jour même, un arrêté publié dans une édition spéciale du Moniteur l'a mis à la retraite d'office, avec Yvickel Dieujuste Dabrésil et Wendelle Coq Thélot. Une interdiction de quitter le territoire a suivi ; elle a été levée en septembre 2021, selon les informations publiées à l'époque.

La transition annoncée n'a jamais vu le jour. Pierre-Robert Auguste, aujourd'hui à la tête du mouvement Gonaïves Debout, garde de cet épisode un souvenir amer. Il a décrit à Rezo Nòdwès une opposition pressée d'installer un président au Palais national, et affirme que la diffusion de la vidéo du juge sur les réseaux sociaux tenait à des promesses non tenues, dont une facture d'environ 3 000 dollars jamais réglée à la firme chargée de préparer l'événement. Ces affirmations n'ont pas pu être vérifiées de façon indépendante.

Ses obsèques ont été fixées au samedi 24 octobre aux Gonaïves. Dans une tribune publiée par Rezo Nòdwès, deux de ses défenseurs, le Dr Elco Saint Amand et Me Claudy Briend Auguste, déploraient qu'aucun hommage officiel du gouvernement n'ait encore été annoncé pour cet ancien juge de la plus haute cour du pays.

Article corrigé le 27 octobre 2026.

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