Skip to the main content

#ACTUALITÉ · Le direct

L'ONU confirme avoir reçu la lettre de Lanmò San Jou, sans en approuver le contenu

Photo
PhotoExtrait de la lettre attribuée à Wilson Joseph · Réseaux sociaux
0

Par NAGO News

4 min de lecture

L'ONU a confirmé lundi 2 novembre avoir reçu une lettre signée par Wilson Joseph, alias « Lanmò San Jou », chef du gang 400 Mawozo, qui demande une médiation pour ouvrir un dialogue en Haïti. Dans une déclaration publiée lundi soir, son porte-parole Stéphane Dujarric précise que la réception de cette lettre ne vaut ni approbation de son contenu, ni reconnaissance de son auteur, ni prise de position des Nations unies.

Wilson Joseph, alias « Lanmò San Jou », chef du gang 400 Mawozo, a confirmé lundi 2 novembre à l'agence Associated Press (AP) être l'auteur de la lettre demandant au secrétaire général des Nations unies, António Guterres, d'envoyer une délégation en Haïti pour un processus de dialogue et de médiation. Selon l'AP, il s'agit de son premier entretien avec un grand média international. Datée du 1er novembre à Croix-des-Bouquets, la lettre circulait depuis le week-end sur les réseaux sociaux et avait été reprise par Rezo Nòdwès et l'agence EFE.

Il se dit prêt au dialogue et à déposer les armes, sans préciser ce qu'il demande en échange : il en discuterait, dit-il, avec une commission de paix.

Ce qu'il affirme sur les quatre Salvadoriens

Wilson Joseph affirme à l'AP que les quatre techniciens de l'aviation salvadorienne disparus le 18 octobre sont morts, et que l'attaque a eu lieu sur le territoire d'un autre gang, Chen Mechan. Il n'a fourni aucune preuve. Le gouvernement haïtien affirme qu'ils ont été enlevés, et le gouvernement salvadorien les croit vivants.

Il s'adresse aussi au président salvadorien Nayib Bukele : selon lui, ce sont les politiciens haïtiens qui ont armé les gangs. Il nie que 400 Mawozo ait tué des Haïtiens innocents et affirme que des frappes de drones font des victimes civiles, une accusation qui n'a pas été vérifiée.

Les soldats salvadoriens hors du cadre de l'ONU

L'ONU dit être au courant des informations sur l'arrivée de renforts salvadoriens. Selon Stéphane Dujarric, la grande majorité des militaires salvadoriens ne sont pas déployés au sein de la Force de suppression des gangs (GSF), appuyée par l'ONU. Ils sont donc hors de son mandat et de ses obligations de rapport. L'ONU rappelle que toute opération de sécurité doit respecter pleinement le droit international et protéger les civils.

Ce que dit la lettre

Wilson Joseph y affirme avoir « officiellement » levé le drapeau blanc depuis le 20 août 2026 et se dit favorable à un dialogue entre les forces internationales présentes en Haïti et le groupe 400 Mawozo. La lettre décrit une situation inquiétante dans la Plaine du Cul-de-Sac, notamment dans la zone où intervient, selon elle, Claudy Célestin, dit « Chen Mechan ». Elle affirme que, depuis les incidents impliquant quatre militaires salvadoriens, des civils, dont des enfants et des femmes enceintes, subissent des violences, et évoque une fillette de huit ans qui aurait été touchée par une balle à la tête. Ces affirmations n'ont pas été vérifiées.

Le texte estime aussi que les « menaces revanchardes » du président salvadorien Nayib Bukele risquent d'entraîner une escalade. Copie est adressée à la presse, à l'OEA, à la CARICOM, au BINUH et à la CIDH, entre autres.

Le contexte

Quatre militaires salvadoriens de la Force de suppression des gangs (GSF), mandatée par l'ONU, sont portés disparus depuis l'attaque de leur véhicule le dimanche 18 octobre à Croix-des-Bouquets. Fin octobre, la GSF a reçu des dépouilles qui pourraient être les leurs, sans pouvoir le confirmer. Selon Le Nouvelliste, cité par Diario Libre et El Día, une source gouvernementale haïtienne a attribué leur capture à des membres du gang Chen Mechan, sans qu'aucune preuve publique ne l'ait confirmé. Plus de 2 000 soldats salvadoriens sont depuis arrivés à Port-au-Prince, selon EFE. D'après l'AP, les combats se sont intensifiés dans la Plaine du Cul-de-Sac depuis l'attaque, entre des hommes armés et la GSF, la police et l'armée haïtiennes, ainsi que la société Vectus Global, fondée par Erik Prince.

Wilson Joseph est sanctionné par le Conseil de sécurité de l'ONU depuis le 8 décembre 2023. Il est inculpé aux États-Unis pour prise d'otages dans l'enlèvement de 17 missionnaires en octobre 2021, et Washington offre jusqu'à un million de dollars pour toute information menant à son arrestation.

Article corrigé le 2 novembre 2026.

Sur le même sujet

← Retour au direct

Comments 0

An editor reads every comment before it appears. NAGO does not publish a comment it has not read.

  • Loading comments…