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Guyana : heurts devant le tribunal de Georgetown après l'audience d'extradition d'Azruddin Mohamed

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PhotoImage extraite d'une vidéo de Robin Singh · Facebook
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Par NAGO News

4 min de lecture

Des partisans du chef de l'opposition guyanienne, Azruddin Mohamed, se sont heurtés à la police lundi 2 novembre devant le tribunal de première instance de Georgetown, où il comparaissait dans la procédure d'extradition demandée par les États-Unis. Selon Demerara Waves, les manifestants, moins de 200, ont renversé les barrières de police à l'angle de Brickdam et de l'avenue de la République et se sont approchés du tribunal.

Des policiers munis de boucliers ont chargé la foule à coups de matraque et tiré des gaz lacrymogènes, rapporte Demerara Waves. Le site décrit aussi des policiers reculant en courant devant la foule pendant que leurs collègues tiraient les gaz. Guyana Times et News Americas font aussi état de tirs de plombs ou de balles en caoutchouc pour disperser les manifestants. Des coups de feu ont été entendus et des bouteilles lancées sur les policiers, sans qu'on sache qui a tiré. Un petit feu a ensuite été allumé devant le marché de Stabroek, puis éteint par la police. Les médias locaux ne font état ni de blessés ni d'arrestations. Le quotidien d'État Guyana Chronicle accuse les manifestants d'avoir attaqué les policiers et détruit des biens. Un partisan d'Azruddin Mohamed donne une autre version dans une vidéo de Prime News Guyana : selon lui, les manifestants criaient « pas de justice, pas de paix » quand le chef de l'opposition a été sorti du tribunal, et la police a alors tiré sur eux.

Plus tôt dans la journée, le chef de la Special Branch de la police, Prem Narine, a été accueilli par des manifestants du WIN à sa sortie du tribunal, selon une vidéo publiée par Kaieteur News. Il est témoin dans la procédure d'extradition et a répété craindre pour sa vie, selon Demerara Waves. C'est devant son domicile de Kitty que des coups de feu ont été tirés le 12 octobre. Dans cette affaire, Azruddin Mohamed a interdiction d'entrer en contact avec lui ou sa famille, selon Guyana Times.

Toujours en détention

Le même jour, la magistrate en chef Judy Latchman a refusé la demande de l'accusation de révoquer la liberté sous caution d'Azruddin Mohamed dans le dossier d'extradition, selon Guyana Times. Des accusations en cours, sans condamnation, ne suffisent pas à la révoquer, a-t-elle estimé, selon Demerara Waves. L'audience d'extradition, demandée par les États-Unis pour blanchiment d'argent et fraude électronique, a repris dans l'après-midi. Il reste pourtant en prison : le 30 octobre, la magistrate Abigail Gibbs l'a placé en détention jusqu'au 24 novembre dans une autre affaire, une accusation fondée sur la loi sur la cybercriminalité pour la diffusion présumée d'images de vidéosurveillance. La police l'accuse d'avoir versé 800 000 dollars guyaniens à un policier pour les obtenir. Il est aussi poursuivi depuis octobre pour des coups de feu tirés près du domicile de Prem Narine. Lui et son avocat affirment que l'arme a été placée. Ses avocats comptent demander une libération sous caution à la Haute Cour.

Selon Demerara Waves, Azruddin Mohamed a qualifié sa cellule de la prison de Lusignan de « punition maximale ». Sa sœur, Hana Mohamed, affirme qu'il est détenu seul, sous une lumière allumée en permanence. L'administration pénitentiaire rejette ces accusations. La famille annonce que les manifestations continueront devant le tribunal. La responsable du Forward Guyana Movement, Amanza Walton-Desir, a appelé le gouvernement à faire baisser la tension. La ministre de l'Intérieur, Oneidge Walrond, a appelé au calme : « Quelles que soient nos divergences politiques, nous sommes tous Guyaniens. » Avant le rassemblement, la police avait prévenu que certains actes violents pourraient être poursuivis comme du terrorisme.

Azruddin Mohamed et son père, Nazar Mohamed, sont sanctionnés par Washington depuis juin 2024 pour corruption et fraude fiscale sur des exportations d'or. Arrêté en octobre 2025 à la suite d'une demande d'extradition fondée sur un acte d'accusation en Floride, il a fondé le parti We Invest in Nationhood (WIN), arrivé deuxième aux élections de 2025, et dirige l'opposition depuis janvier 2026.

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