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Émile Jonassaint, président provisoire en 1994, s'est éteint il y a 31 ans

Par NAGO News
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Il y a 31 ans, le 24 octobre 1995, Émile Jonassaint mourait chez lui, à Port-au-Prince, à 82 ans. Juriste de formation, il avait présidé l'Assemblée qui rédigea la Constitution de 1987. Son nom reste pourtant attaché à cinq mois de 1994 où, installé par l'armée, il occupa le Palais national sans aucune reconnaissance internationale.
Né en mai 1913 à Port-de-Paix, dans le Nord-Ouest, Jonassaint entre au Sénat au début des années 1950, selon Haiti-Référence. Sous les Duvalier, il se tient à l'écart de la politique et exerce comme avocat et professeur. En 1986, après la chute de Jean-Claude Duvalier, il prend la présidence de l'Assemblée constituante dont sortira la Constitution de 1987.
Il siège ensuite à la Cour de cassation. Écarté en raison de son âge sous Jean-Bertrand Aristide, il retrouve son poste après le coup d'État militaire de septembre 1991, rapporte Haiti-Référence.
Le 11 mai 1994, les militaires au pouvoir et un groupe de sénateurs qui leur était acquis le désignent président provisoire. Washington juge l'opération illégale : pour la Maison-Blanche, la présidence n'est pas vacante, puisque Aristide, en exil, reste le chef de l'État élu. L'ONU refuse elle aussi de le reconnaître, notait à l'époque le Christian Science Monitor.
Le nouveau président choisit la confrontation. Dans la nuit du 12 juin, à la télévision, il décrète l'état d'urgence et appelle les Haïtiens à se mobiliser pour défendre le pays. Il lance qu'un « géant » écrase Haïti parce qu'elle est faible et ne possède pas la bombe atomique, selon l'Associated Press.
Le 31 juillet 1994, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 940, qui autorise une force multinationale à employer « tous les moyens nécessaires » pour chasser les militaires et rétablir Aristide, rappelle le service historique du département d'État américain. Le 1er août, avant l'aube, Jonassaint proclame l'état de siège et accuse la communauté internationale de faire la guerre à un pays qui ne menace personne. Il a attendu environ quatorze heures après le vote, selon l'Associated Press, reprise par le Deseret News.
L'issue se joue en septembre. Le 17, l'ancien président américain Jimmy Carter, le sénateur Sam Nunn et le général Colin Powell arrivent à Port-au-Prince. Le 18 au soir, alors que les avions de l'invasion sont déjà en vol, Jonassaint accepte de signer l'accord. Le général Raoul Cédras, lui, refuse de signer.
L'accord de Port-au-Prince prévoit le départ des chefs militaires, une amnistie et la levée des sanctions. Les troupes américaines débarquent le lendemain, 19 septembre, sans combat.
Jonassaint s'accroche quelques semaines au Palais national. Il en part le 12 octobre 1994, trois jours avant le retour d'Aristide, le 15 octobre. Ses détracteurs lui reprochent notamment l'expulsion de la mission civile de l'ONU et de l'OEA chargée de surveiller les droits de l'homme.
Il se retire ensuite de la vie publique. À sa mort, la dépêche d'agence reprise par le Spokesman-Review retenait surtout que sa signature avait permis un retour à l'ordre constitutionnel sans bain de sang.
La même année
Article corrigé le 27 octobre 2026.
Vidéos
À regarder maintenant.
Haiti-Référence, « Émile Jonassaint »
Christian Science Monitor, « New Haitian Government Defiant » (19 mai 1994)
Deseret News / AP, « Haitian declares a state of siege » (1er août 1994)
Office of the Historian, département d'État, « Intervention in Haiti, 1994–1995 »
Baltimore Sun, « Talks barely beat invasion » (20 septembre 1994)
PA-X, accord Carter–Jonassaint (18 septembre 1994)
Spokesman-Review, « Emile Jonassaint Dies At 82 In Haiti » (25 octobre 1995)
Juno7, « 11 octobre 1994 : démission d'Émile Jonassaint » (11 octobre 2022)
Par NAGO News

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